Swedish Dads : le Suédois Johan Bävman photographie la paternité

La Suède est reconnue pour avoir l’un des systèmes de congé parental les plus généreux au monde. Johan Bävman, célèbre photographe suédois, a décidé de partir à la rencontre de ces pères qui font le choix d’élever leurs enfants. Son exposition « Swedish Dads » explore la paternité et la masculinité. Elle est à découvrir à Lille jusqu’au 8 décembre. 

Primé en 2009 par le prestigieux prix World Press Photo pour son travail sur les albinos en Tanzanie, le  photographe Johan Bävman s’intéresse depuis 2015 aux pères qui font le choix de prendre au moins six mois de congé parental dans un projet sobrement intitulé « Swedish Dads ».

La Suède

À cet égard, son pays d’origine est précurseur. La Suède a été le premier pays à remplacer le congé maternité par un congé parental, pour l’ouvrir aux hommes d’une part, ainsi qu’aux parents adoptifs et célibataires. Une décision prise en 1974, il y a plus de 40 ans.

Aujourd’hui, le gouvernement suédois reste particulièrement généreux, puisqu’il offre 480 jours de congé parental, soit le plus long du monde. Depuis 2016, chacun des deux parents doit prendre au minimum 90 jours de congé. Le but est de promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes. Pour aller encore plus loin, le gouvernement suédois a mis en place un bonus. Plus la durée du congé parental est divisée équitablement entre les deux parents, plus le bonus est grand. Pour rappel, en France, les mères n’ont le droit qu’à 70 jours après la naissance de leur enfant, quand les pères en ont seulement onze.

Pourtant, si le système suédois facilite grandement l’égalité entre les mères et les pères, les hommes restent une minorité à prendre un congé parental. Les parents ne seraient que 14 % à choisir un partage équitable des 480 jours qui leur sont alloués. C’est cette exception qui a intrigué Johan Bävman et qui lui a donné envie de rencontrer ces hommes qui ont choisi de rester à la maison avec leurs enfants pendant au moins six mois.

Avec ce projet, j’ai souhaité comprendre pourquoi ces hommes ont fait le choix de rester à la maison beaucoup plus longtemps que la majorité des pères suédois. Qu’est-ce que cela leur a apporté, comment leur relation avec leur partenaire ou leurs enfants ont changé, et quelles attentes ils avaient avant de prendre ce congé parental ?

Pour Johan Bävman, son projet a deux objectifs. D’une part, c’est une volonté de décrire et de représenter le système unique de congé parental qu’est celui de la Suède. D’autre part, c’est une envie d’inspirer les autres pères et les pousser à considérer les bénéfices d’un tel système, qu’ils soient suédois ou d’ailleurs.

Le congé parental suédois
se conjugue aussi au masculin

Tous les pères qui ont accepté de poser sous l’objectif de Johan Bävman expriment leur bonheur et aucun ne regrette d’avoir fait le choix de rester à la maison pendant les premiers mois de leur enfant. Pour certains d’entre eux, cette décision s’est accompagnée d’une perte financière, mais tous évoquent un gain bien plus important : la confiance dans leur rôle de père. Johan Ekengård, qui a pris neuf mois de congés pour chacun de ses trois enfants, l’explique :

J’ai gagné en confiance en tant que père, en compréhension pour ma compagne, et j’ai développé des liens forts avec mes enfants qui sont importants pour leur développement.

Le projet du photographe suédois s’interroge aussi sur la masculinité en tant que telle. « Qu’est-ce qu’être un homme aujourd’hui ? » L’Institut Suédois proposait des pistes de réflexion axées sur le thème des Nouvelles masculinités pour sa programmation 2016-2017, dont faisait partie l’exposition « Swedish Dads ». En explorant le rôle d’une paternité active dans l’éducation des enfants et en encourageant les pères à prendre un congé parental, Johan Bävman contribue à remettre en cause les stéréotypes et les attributs traditionnels de la masculinité.

L’exposition « Swedish Dads » sera visible dans le hall de la mairie de quartier de Lille-Centre jusqu’au 8 décembre prochain.

Sweden has one of the most generous parenteral leave system in the world. The current system enables parents to stay at home with their child for a total of 480 days, while receiving an allowance from the state. Sixty of these days are allotted to each parent, and a new proposal aims to increase this by a further thirty days. The purpose of this allocation is to promote gender equality. In order to encourage men and women to share their parental leave more equally, a so-called ‘equality bonus’ has also been introduced. The more days divided equally between parents, the higher the bonus. In spite of this generous allowance and unique bonus, only a fraction of Sweden’s fathers use all their sixty days of parental leave. Only fourteen per cent of parents choose to share the days equally. This photo essay is based on portraits of dads who belong to that small percentage who choose to stay at home with their child for at least six months. With this project, I want to find out why these men have chosen to stay at home so much longer than the majority of Swedish dads. What has it done for them, how have their relationships with their partner and their child changed, and what expectations did they have before taking parental leave? There are two aims to this project. The first is to describe the background to Sweden’s unique parental allowance. The second is to inspire other fathers – in Sweden, and further afield – to consider the positive benefits of such a system.
Jonas Feldt, 31 ans, secrétaire dans une agence pour l’emploi, est actuellement en congé parental pour un an avec sa fille Siri, âgée d’un an. Il était précédemment en congé de neuf mois avec sa fille Lovis, qui a aujourd’hui trois ans.

Ça a été une prise de conscience de lire une étude du magazine jeunesse Kamratposten qui expliquait que la majorité des enfants se tournent vers leur mère quand ils sont énervés, qu’ils cherchent du réconfort ou qu’ils ont besoin de parler à quelqu’un. Après la mère vient un proche, puis un frère ou une sœur, puis quelqu’un à l’école, et bien loin derrière le père. Je veux que mes enfants se sentent autant en sécurité avec moi qu’avec leur mère, et ce lien est quelque chose que je vais créer pendant mon congé parental. Je ne veux pas être simplement le parent amusant.

Sweden has one of the most generous parenteral leave system in the world. The current system enables parents to stay at home with their child for a total of 480 days, while receiving an allowance from the state. Sixty of these days are allotted to each parent, and a new proposal aims to increase this by a further thirty days. The purpose of this allocation is to promote gender equality. In order to encourage men and women to share their parental leave more equally, a so-called ‘equality bonus’ has also been introduced. The more days divided equally between parents, the higher the bonus. In spite of this generous allowance and unique bonus, only a fraction of Sweden’s fathers use all their sixty days of parental leave. Only fourteen per cent of parents choose to share the days equally. This photo essay is based on portraits of dads who belong to that small percentage who choose to stay at home with their child for at least six months. With this project, I want to find out why these men have chosen to stay at home so much longer than the majority of Swedish dads. What has it done for them, how have their relationships with their partner and their child changed, and what expectations did they have before taking parental leave? There are two aims to this project. The first is to describe the background to Sweden’s unique parental allowance. The second is to inspire other fathers – in Sweden, and further afield – to consider the positive benefits of such a system.
Juan Cardenal, étudiant en design-industriel de 34 ans, est resté en congé parental pendant 18 mois, neuf avec Ivo, âgé d’un an, et neuf avec Alma, âgée de quatre ans.

J’ai eu la chance d’avoir pu être en congé si longtemps. Le congé parental a changé la façon dont je vois la vie : ça a créé un changement de rythme et j’ai eu le temps de réfléchir. Pendant mon second congé paternité, j’ai eu l’opportunité de changer de carrière et, en même temps, j’ai pu voir mes enfants apprendre à marcher, parler, et manger.

Sweden has one of the most generous parenteral leave system in the world. The current system enables parents to stay at home with their child for a total of 480 days, while receiving an allowance from the state. Sixty of these days are allotted to each parent, and a new proposal aims to increase this by a further thirty days. The purpose of this allocation is to promote gender equality. In order to encourage men and women to share their parental leave more equally, a so-called Ôequality bonusÕ has also been introduced. The more days divided equally between parents, the higher the bonus. In spite of this generous allowance and unique bonus, only a fraction of SwedenÕs fathers use all their sixty days of parental leave. Only fourteen per cent of parents choose to share the days equally. This photo essay is based on portraits of dads who belong to that small percentage who choose to stay at home with their child for at least six months. With this project, I want to find out why these men have chosen to stay at home so much longer than the majority of Swedish dads. What has it done for them, how have their relationships with their partner and their child changed, and what expectations did they have before taking parental leave? There are two aims to this project. The first is to describe the background to SwedenÕs unique parental allowance. The second is to inspire other fathers Ð in Sweden, and further afield Ð to consider the positive benefits of such a system.
Göran Sevelin, étudiant de 27 ans, est actuellement en congé parental de dix mois pour s’occuper de sa fille Liv.

Le porte-bébé est un substitut à la proximité d’une mère et de son enfant pendant l’allaitement. Je pense que c’est important de partager la responsabilité de rester à la maison avec votre enfant, même si vous y perdez financièrement. On a moins d’argent parce que je reste à la maison, mais en même temps j’aurai plus de temps pour créer des liens avec ma fille et c’est ce qui est le plus important pour notre avenir ensemble.

Samad Kohigoltapeh is on joint leave for the first four months, and thereafter will spend six months on his own with his twins Parisa and Leia, who are 1 week old.
Samad Kohigoltapeh, ingénieur de 32 ans, est en congé parental avec sa femme pour les quatre premiers mois, avant de s’occuper seul pendant six mois de ses jumelles, Parisa et Leia, qui sont âgées d’une semaine.

Quand vous décidez d’amener deux nouvelles personnes dans ce monde, vous devez aussi prendre la responsabilité de les élever tout au long de leur vie. J’ai dû persuader ma compagne pour obtenir ces quelques mois avec mes enfants, mais je pense qu’il important pour elles d’avoir un père présent très tôt dans leur vie.

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Tjeerd van Waijenburg, 34 ans, développeur chez Ikea, est en congé parental avec son fils Tim, âgé d’un an et quatre mois.

À mon travail chez Ikea, ils m’ont encouragé à prendre du temps avec Tim. J’envisage de réduire mon temps de travail pour passer plus de temps avec lui pendant ses premières années. C’est une honte que plus de pères ne voient pas les avantages du système égalitaire promu par le gouvernement suédois.

Jusqu’au 7 novembre, vous pouvez participer au concours « Tranche de vie : mon Papa et moi », il vous suffit d’envoyer une photo de votre vie quotidienne de père à l’adresse suivante : expopapas-lille@orange.fr. Une table ronde sur le thème du congé paternité sera également organisée le 7 novembre prochain à 18h30 à Lille, en présence de pères français et suédois.

Vous pouvez retrouver le travail de Johan Bävman sur son site internet, en cliquant ici.

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