LÉGISLATIVES – Tony Thommes, candidat du Front National

Quinze candidats sont en campagne pour devenir le député de la troisième circonscription des Français de l’étranger. Ils ont accepté de répondre à nos questions : Qui sont-ils ? Quels sont leurs motivations ? Quelles sont leurs propositions ? Autant de questions auxquelles a répondu Tony Thommes, candidat du Front National (FN).

Pouvez-vous vous présenter et décrire votre parcours (politique, professionnel, associatif, etc.) ?

J’ai 25 ans, je suis ingénieur en microélectronique, et je travaille dans une grande entreprise de l’industrie des télécommunications à Cambridge. Mon parcours, je l’ai construit grâce aux valeurs de méritocratie qui habitent notre pays. Né dans la région de Grasse, dans le sud-est de la France, j’ai été élevé par ma mère célibataire et handicapée dans un cadre très modeste mais heureux. L’enseignement catholique m’a d’abord donné ma chance en m’offrant une exonération charitable de frais de scolarité, puis j’ai fait le pari de l’enseignement professionnel, où j’ai obtenu un BEP et découvert l’ingénierie. Après une réorientation en voie générale, j’ai été fait lauréat du Concours général et j’ai intégré une école d’ingénieurs en région parisienne où j’ai obtenu mon master.

Quels sont vos liens avec cette circonscription ? Avez-vous un ancrage local ou résidez-vous dans l’un des dix pays de la circonscription ? Quelles sont les raisons et les motivations qui vous ont poussé-e à déposer votre candidature ?

J’habite dans un village du Cambridgeshire, près de Cambridge, depuis 2015. C’est dans cette région que j’ai obtenu mon premier emploi une fois diplômé.

Que représente pour vous le fait d’être député-e de la troisième circonscription des Français de l’étranger ?

Trop longtemps les Français de l’étranger ont été oubliés et considérés comme des citoyens de seconde zone. La création de députés pour les représenter a été une très bonne chose, et je pense que notre député doit représenter nos intérêts, traiter les problèmes particuliers qui nous concernent, et surtout porter à l’Assemblée notre vision toute particulière de la France et du monde résultant de notre expérience d’expatriation.

Quel regard portez-vous sur le bilan et l’action de la députée sortante Axelle Lemaire et de son suppléant Christophe Premat ? En quoi auriez-vous agi différemment ?

Il semble malheureusement que ce poste de député ait été vu comme un marchepied politique pour Axelle Lemaire. C’est une femme qui a clairement l’ambition de faire sa carrière en politique, et qui n’a donc pas hésité à multiplier les postes pendant son mandat et même à démissionner 3 mois avant l’élection pour faire campagne.

Je suis pleinement issu de la société civile et de l’entreprise privée. Pour moi lorsque l’on est désigné pour une mission, on l’accomplit pleinement, du premier jour jusqu’au dernier jour, et sans calculs ou distractions politiques. Je vois le mandat de député comme un travail à plein temps auquel, si je suis élu, je me consacrerai comme je me suis consacré à mon travail dans le domaine de la défense et de l’électronique : pleinement et sans arrières pensées.

Si vous ne deviez en citer que trois, quelles seraient vos principales propositions pour les Français-es établi-e-s en Europe du Nord ?

Les frais de scolarité dans les établissements publics français obligent maintenant nombre de nos concitoyens à renoncer à l’éducation française de leurs enfants. Je pense que c’est un très mauvais calcul de l’Etat, car ce sont autant de jeunes Français dans lesquels nous devrions investir pour s’assurer qu’ils portent haut et fort les couleurs de notre pays. Nos enfants sont autant de futurs ambassadeurs de notre culture et de notre langue, et il est d’intérêt national que nous mettions les moyens pour que cette identité ne s’estompe pas.

La modernisation de notre administration sera également au centre de mes priorités pour notre circonscription. Nous avons l’opportunité d’être à l’avant-garde de la modernisation de l’Etat, et pourtant trop souvent encore nos compatriotes doivent poser une journée de congés et subir de longs trajets pour se rendre au consulat et accomplir une formalité. Je m’attacherai à généraliser la signature électronique, étendre les pouvoirs des consuls honoraires, et permettre la réalisation du maximum de formalités en ligne, via un système moderne et harmonisé.

Je mettrai également fin à l’injustice qui consiste à soumettre à la CSG/CRDS les revenus du patrimoine réalisés en France par les non-résidents. Je réaffirmerai et défendrai le principe de l’impôt basé sur la territorialité et non la nationalité.

Si vous êtes élu-e à l’Assemblée nationale, quelles seront vos priorités pour la circonscription ? Comment comptez-vous mener votre action ?

Comme je l’ai dit, mes priorités seront d’abord de traiter les problématiques locales en termes de scolarité, d’administration, et de fiscalité. Je n’oublie néanmoins pas que le député de notre circonscription est avant tout un député de la nation. Nous, Français de l’étranger, le constatons peut-être plus clairement encore que nos compatriotes en France : notre pays s’enfonce chaque année davantage dans un état de désordre ambiant. Que ce soit le fait de manifestations violentes, de blocages syndicaux, ou de la perpétuation de zones de non-droit comme à Calais, nous sommes témoins impuissants de l’image que la France renvoie au monde.

Frappés par le terrorisme, nous sommes enjoints de nous habituer à ce qui serait la fatalité de notre époque. Frappés par l’immigration de masse incontrôlée, nous sommes enjoints d’accepter le dogme du no-border et du laissez-faire élevés en vertu. Frappés par la désertification industrielle, nous sommes enjoints de laisser l’Allemagne seule puissance manufacturière et d’abandonner la bataille de la compétitivité. Je me refuse au fatalisme devant cette situation. Nous avons tant d’atouts –  je veux que nous redevenions une nation sereine, compétitive, où il fait bon vivre, bon fonder une famille, et bon entreprendre. Je mènerai cette transformation de manière pragmatique et indépendante, sans être tenu par des compromissions avec différents partis en échange de postes ou d’autres renvois d’ascenseur. Je serai un député qui travaille ses dossiers, et qui porte l’intérêt général avant des intérêts personnels ou partisans.

Selon vous, quels sont les principaux défis et problématiques de l’Europe du Nord dans les prochaines années ? Si vous êtes élu-e à l’Assemblée nationale, comment comptez-vous agir et vous investir sur ces dossiers ?

L’accompagnement de la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne sera un dossier très important et qu’il faut traiter avec calme, professionnalisme et pragmatisme. Je pense que lorsque l’on défile au côté des manifestants qui refusent le résultat du referendum, on manque de respect au peuple britannique. Je serai un élu qui respecte profondément la décision souveraine du Royaume-Uni ainsi que la politique de priorité nationale conduite par Theresa May et plébiscitée dans des proportions historiques par les Britanniques.

On ne construit pas une relation de confiance sans respect, et je serai donc vigilent de ne pas m’associer à des groupuscules qui contestent une décision démocratique, de la même manière que nous n’accepterions pas en France l’ingérence d’une puissance étrangère dans nos décisions souveraines. Je travaillerai au contraire avec la majorité de Theresa May, dont le programme et les aspirations trouvent de nombreux points communs avec ceux du Front National, pour renforcer les traités bilatéraux qui existent entre nos deux pays dans les domaines de la santé, de la retraite et de la fiscalité.

Comment envisagez-vous les relations entre l’Europe du Nord et la France à l’avenir ? Comment ces liens pourraient-ils être renforcés ?

Par nature, les liens seront multiples. Avec le Royaume-Uni, nous devrons construire une relation forte d’état à état où nous protégerons nos intérêts et ferons valoir ceux de nos compatriotes expatriés dans ce pays.

Avec l’Irlande, nous devrons être prudent avec les conséquences d’une possible harmonisation fiscale de l’impôt sur les sociétés qui pourrait créer un choc économique impactant notamment nos ressortissants travaillant dans les nombreuses entreprises qui se sont installées à Dublin et partout en Irlande.

Avec les pays baltes et scandinaves, nous devrons nous assurer que l’Union Européenne et ses traités, notamment commerciaux, n’aillent pas à l’encontre des intérêts de la France et des Français résidant dans ces pays et travaillent souvent dans des secteurs qui exportent énormément en dehors de l’UE.

Si vous êtes élu-e à l’Assemblée nationale, quelle sera votre attitude par rapport au nouveau Président de la République ? Vous inscririez-vous dans la majorité gouvernementale ou bien seriez-vous dans l’opposition ?

Je serai ravi de voter la réintroduction du grec et du latin au collège avec la majorité gouvernementale, si cette mesure du programme d’Emmanuel Macron arrive effectivement à l’Assemblée ! De manière générale, le projet de société porté par En Marche me semble néanmoins profondément dangereux pour la souveraineté de notre parlement, pour la sécurité de nos compatriotes, et pour l’identité et la culture de notre pays.

Les Républicains et le Parti Socialiste nous montrent déjà, alors que la mandature n’a pas commencé, qu’ils seront tenus par des accords de poste, des compromissions, et des ententes plus ou moins officielles. Ils ne seront pas au rendez-vous pour appliquer la politique qu’ils ont promise à leurs électeurs. Je ne suis pour ma part tenu par aucune compromission avec En Marche ou avec qui que ce soit, y compris le Front National. Je suis un homme de conviction, qui consacre son temps libre à cette élection car je veux défendre sans concession à l’Assemblée ces valeurs que nous sommes nombreux à porter.

Pour conclure, pour quelle(s) raison(s) aimez-vous l’Europe du Nord ? Un élément en particulier (culture, histoire, nature, patrimoine, société, etc.) vous fait-il apprécier d’autant plus cette circonscription ?

La diversité des histoires, des identités, des paysages, des traditions, mais aussi des économies et des modes de vie dans notre circonscription est une richesse incroyable. De Vilnius à Reykjavik en passant par les plaines de Suède, les montagnes de Norvège, et la vie bouillonnante de la cité de Londres, notre circonscription rassemble tout ce qui fait la grandeur du continent européen et de la diaspora française à l’étranger.

Pendant cette campagne, j’ai rencontré des Français ingénieurs, chauffeurs de taxi, entrepreneurs, retraités, commerciaux, manutentionnaires, dentistes, etc. C’est toute la France qui est représentée dans cette vaste circonscription, et c’est cela qui me rend fier d’y candidater aujourd’hui pour devenir le député de tous ces gens qui malheureusement sont souvent oubliés.

On a tendance à penser que notre circonscription n’est que Londres, alors que l’influence française s’étend tellement au-delà, jusque dans les plus petits villages de la campagne anglaise et les restaurants français des pays baltes. Être témoin de cet incroyable soif d’exploration de la part des Français expatriés, et ce courage de s’établir parfois seul et sans attache dans des territoires aussi divers redonne confiance, si besoin était, dans l’exceptionnelle résilience et capacité d’adaptation des Français.

Vous pouvez aussi retrouver Tony Thommes sur Facebook et Twitter.

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