LÉGISLATIVES – Véronique Vermorel, candidate du Parti Pirate

Quinze candidats sont en campagne pour devenir le député de la troisième circonscription des Français de l’étranger. Ils ont accepté de répondre à nos questions : Qui sont-ils ? Quels sont leurs motivations ? Quelles sont leurs propositions ? Autant de questions auxquelles a répondu Véronique Vermorel, candidate pour le Parti Pirate (PP).

Pouvez-vous vous présenter et décrire votre parcours (politique, professionnel, associatif, etc.) ?

Je m’appelle Véronique, j’ai 26 ans et je suis au Parti Pirate depuis les élections législatives de 2012. J’étais alors blasée de la politique, comme bon nombre d’entre nous, tout en étant insatisfaite de la façon dont nous étions gouvernés. C’est un peu par hasard que j’ai découvert le Parti Pirate et c’est finalement que là que je me suis aperçu que l’on pouvait faire la politique autrement.

Le Parti Pirate m’a attiré car il revient aux fondamentaux (protection de la vie privée, transparence de la vie publique,  réelle démocratie…) en comprenant que le monde a changé et que certaines technologies peuvent être utilisées pour rendre le pouvoir aux citoyens. J’ai depuis été candidate pirate à plusieurs élections donc les élections législatives, législatives partielles et européennes en tant que tête de liste en Ile-De-France.

Je viens d’une école de commerce et suis actuellement auditrice financière. J’ai eu l’occasion de m’expatrier durant un an pendant mes études et de participer à différentes associations. J’ai notamment participé à une association qui m’a permis de donner des cours d’anglais à des personnes incarcérées et une association de conseil en création d’entreprises dont j’ai été vice-présidente pendant un an.

Quels sont vos liens avec cette circonscription ? Avez-vous un ancrage local ou résidez-vous dans l’un des dix pays de la circonscription ? 

Je ne suis pas personnellement ancrée dans la circonscription. Il ne faut pas oublier que les élections législatives sont des élections nationales et non régionales : un député n’a pas vocation à représenter une partie seulement de la population. Cela étant dit, un député ayant conscience des problématiques de sa circonscription peut être une voix nécessaire pour les résoudre. Le Parti Pirate est né en Suède début 2006 et s’est très bien répandu en Europe du Nord, comme par exemple en Islande où il a obtenu 10 sièges de député aux dernières élections. Je ne pense pas que ce succès soit un hasard géographique. Le Parti Pirate fonctionne bien en Europe du Nord car les idées qu’il porte répondent aux attentes de ses habitants.

Quelles sont les raisons et les motivations qui vous ont poussé-e à déposer votre candidature ? Que représente pour vous le fait d’être député-e de la troisième circonscription des Français de l’étranger ? 

Mes motivations restent les mêmes : les politiques actuels me révoltent et nous avons à présent les moyens de faire la politique autrement. Les expatriés qui ont déjà fait le choix de vivre autrement le savent mieux que personne et c’est pourquoi je veux leur proposer ma candidature. J’ai trop souvent été

Etre députée de la 3ème circonscription me permettrait de porter les valeurs pirates au sein de l’Assemblée Nationale et de rappeler à la métropole ses devoirs vis-à-vis des français expatriés. Ce serait l’occasion d’une expérience politique toute nouvelle en France : tenter de redonner leur pouvoir aux électeurs en dehors des élections en utilisant les nouvelles technologies à notre disposition.

Quel regard portez-vous sur le bilan et l’action de la députée sortante Axelle Lemaire et de son suppléant Christophe Premat ? En quoi auriez-vous agi différemment ? 

Axelle Lemaire a cumulé son mandat de député avec celui de secrétaire d’État chargée du numérique et de l’innovation. Le Parti Pirate est contre le cumul des mandats : comment est-il possible d’effectuer correctement deux travails à plein temps ? Si je suis élue députée, je m’engage à ne remplir qu’un mandat et a y consacré 100% de mon temps.

Axelle Lemaire a été décevante vis-à-vis du numérique, qui était censé être son cheval de batail ces dernières années. Je rejoins le bilan dressé par la Quadrature du Net, elle n’a été qu’une façade hypocrite et n’a pas permis de réelles avancées vers la neutralité du net, la protection de la vie privée ou l’adoption des logiciels libres. Sous son gouvernement « socialiste », des accords ont par exemple été passés entre le ministère de l’Éducation nationale et Microsoft en dépit des très bonnes alternatives de logiciels libres. 
Il faut rappeler également qu’elle a refusé de soutenir l’octroi d’asile à Edward Snowden.

Si vous ne deviez en citer que trois, quelles seraient vos principales propositions pour les Français-es établi-e-s en Europe du Nord ? 

  • Le respect de la vie privée. Ce n’est pas parce que les expats sont plus éparpillés qu’ils doivent être spammés à chaque élection. Nous prônons la suppression de l’adresse mail des LEC (listes électorales consulaires). Les candidats feraient connaître leur programme par l’intermédiaire d’une circulaire au format électronique envoyée par l’administration (comme ce qui est actuellement fait par courrier.)
  • La transparence de la vie politique. Beaucoup de lois et décrets discutés en métropole concernent les français de l’étranger mais comme ils se tiennent loin de la vie politique française ils en ratent forcément. Les consulats et les conseillers consulaires devraient être le relais de ces changements et discussions et écouter les retours des citoyens expatriés. Nous appelons même de nos vœux une co-construction de la loi chaque fois que c’est possible de la même manière que ce qu’on a expérimenté avec le projet de loi numérique. Cela éviterait des fiascos comme le paiement de la CSG par les européens non-résidents, ou les prolongations de validité des cartes d’identités dans des pays qui ne le reconnaissent pas…
  • Développement de l’excellence francophone par la généralisation de l’offre numérique. Les médiatèques des Instituts Français et les Lycées Français dans le monde gagneraient en visibilité et en travaillant une offre de mise en ligne de leurs cours et de leur fonds. C’est à développer mais il y a déjà des exemples dont on pourrait s’inspirer. Cela va de pair avec la lutte contre les géoblocages. Ce problème récurrent n’est toujours pas réglé. C’est parce que les lobbies des « ayant trop de droits » sont très puissants en France et font taire toute initiative. Aujourd’hui les discussions se passent au niveau Européen avec une pirate en première ligne (et un attaché parlementaire franco-allemand). Le gouvernement qui freine le plus les évolutions positives du règlement est le gouvernement français. Parmi les mesures il y a l’interdiction des géoblocages en Europe. Mais nous pensons que la France a plus à gagner en interdisant les géoblocages dans le monde entier sauf dans les cas où les producteurs seraient en compétition avec une exclusivité dans un pays tiers (comme dans le cas de compétitions sportives ou de certains jeux)

Si vous êtes élu-e à l’Assemblée nationale, quelles seront vos priorités pour la circonscription ? Comment comptez-vous mener votre action ? 

Ma priorité serait de travailler avec les français de la 3ème circonscription. Je leur proposerai de garder leur voix après les élections en mettant en place une plateforme de démocratie liquide. La 3ème circonscription pourrait être le laboratoire d’une nouvelle politique rendue aux citoyens. La démocratie liquide est un système de démocratie directe dans lequel le vote par procuration et délégation par thème sont facilités. Chaque personne peut participer à la prise de décision en participant au débat, en réalisant des propositions, mais elle peut aussi déléguer son vote à tout moment à un tiers de son choix qui pourra voter à sa place sur un sujet ou un domaine précis.

Je prendrai exemple sur la députée pirate européenne pour être force de proposition sur les sujets évoqués à la question précédente et sur l’ensemble de mon programme. Je travaillerai avec des spécialistes et vous soumettrais mes propositions afin que le débat politique ne soit pas mort une fois le bulletin dans l’urne.

Selon vous, quels sont les principaux défis et problématiques de l’Europe du Nord dans les prochaines années ? Si vous êtes élu-e à l’Assemblée nationale, comment comptez-vous agir et vous investir sur ces dossiers ?

La 3ème circonscription n’est pas la plus vaste mais elle regroupe tout de même des pays avec des problématiques différentes. Concernant l’Angleterre par exemple, le sujet de préoccupation est le Brexit. L’enjeu est de préserver les relations avec la Grande-Bretagne, tant du point de vue des échanges économiques, culturels que des personnes. Les négociations à venir sont donc cruciales et je me porte en faveur d’une relation étroite avec le Royaume-Uni, malgré sa sortie de l’Europe.

La Finlande, la Suède et les pays baltes connaissent un tiraillement permanent entre l’Europe et la Russie : les positions extrêmes de Poutine sont donc des sujets d’inquiétude. Le regroupement de l’Europe est donc d’autant plus important. La France reste un pays influant et peut être moteur de la réforme européenne : les institutions actuelles ne fonctionnent pas et sont trop rigides. La BCE a par exemple dans ses statuts pour objectif la rigueur monétaire, ce qui est un non-sens économique dans le contexte actuel mais qui a été porté par l’Allemagne phobique de l’hyper-inflation.

De manière générale, la montée de l’extrême droite est à craindre dans tous ces pays. Le repli sur soi face aux difficultés économiques et sociales est instinctif mais néfaste. Le Parti Pirate prône un nouveau système économique en remettant au centre les petits entrepreneurs, les artisans, les artistes et les chercheurs dans les secteurs d’avenir comme les nouvelles énergies. Ces profils se retrouvent souvent chez les expatriés car ils ont été déçus du manque d’opportunité en France. Le Parti Pirate voudrait leur rendre la part belle.

Si vous êtes élu-e à l’Assemblée nationale, quelle sera votre attitude par rapport au nouveau Président de la République ? Vous inscririez-vous dans la majorité gouvernementale ou bien seriez-vous dans l’opposition ? 

Je ne compte pas être dans l’opposition pour être dans l’opposition mais je serai vigilante vis-à-vis des propositions de Macron et de son gouvernement. Son programme était ultra-libéraliste, notamment sur le droit du travail, et son association avec les gros lobbys plus qu’à craindre. Vous pourrez compter sur moi pour relayer le débat et vous donnez votre mot à dire.

Pour conclure, pour quelle(s) raison(s) aimez-vous l’Europe du Nord ? Un élément en particulier (culture, histoire, nature, patrimoine, société, etc.) vous fait-il apprécier d’autant plus cette circonscription ?

L’Europe du Nord m’attire car elle semble en avance sur les problématiques sociales et sur la prise en compte du bien-être humain. C’est une région du monde qui m’inspire et qui revient très souvent comme exemple de ce qui est possible en matière sociale dans des pays relativement proches de la France. C’est pour cela que je pense que la 3ème circonscription peut être le pionner de la politique à la pirate en France !

Vous pouvez aussi retrouver Véronique Vermorel sur Twitter.

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