Quatre jours pour découvrir Helsinki

En octobre dernier, sur un coup de tête, j’ai décidé de partir seul en voyage. Mon cœur a longtemps balancé entre plusieurs destinations, mais j’ai finalement choisi Helsinki. Après Stockholm et Umeå, je partais donc pour la Finlande, un pays bien similaire à la Suède sur bien des aspects. Même si le beau temps n’a pas toujours été au rendez-vous, j’y ai découvert un riche patrimoine et surtout de magnifiques paysages. Après la Suède, voici donc une nouvelle étape de mon immersion en Europe du Nord. 

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Lever de soleil au décollage • Côte suédoise

Pour prendre l’avion, il a fallu affronter le froid d’Umeå. Et pour cause, en partant à 4 heures du matin, la température n’était pas très élevée. Néanmoins, je n’ai pas regretté longtemps de mettre réveillé si tôt pour prendre l’avion. Au décollage, le soleil a commencé à percer l’horizon pour illuminer d’une lumière rouge toute la côte suédoise. Le soleil donnait des couleurs irréelles à la mer, aux îles et au ciel, et offrait un spectacle magnifique. De quoi rester, le vol durant, les yeux fixés sur le hublot.

 

Jour 1 – Kruununhaka, Katajanokka, Ullanlinna et Punavuori

Après deux vols et une heure de navette depuis l’aéroport, me voici enfin arrivé à Helsinki, capitale de la Finlande. Mes premiers pas se font un peu hésitants, le temps de prendre mes marques et de m’orienter. En partant du quartier de Kaalio, où j’étais logé, j’arrive à Kruununhaka, l’un des quartiers les plus riches en patrimoine. Au loin, commence à se dessiner la  Tuomiokirkko, la cathédrale luthérienne d’Helsinki. Son architecture est plutôt étonnante pour une église luthérienne, mais la Finlande appartenant à la Russie à cette époque, l’inspiration est plutôt logique. Ces grands dômes verts et cette grande façade blanche surplombe Senaatintori (la place du Sénat). En entrant, il se dégage une chaleur et un véritable sentiment d’apaisement. La majorité des églises luthériennes en Scandinavie donnent toujours cette même impression : une chaleur, mêlée à une forme de quiétude. Ici, les murs sont blancs, du parquet recouvre le sol, la coupole est impressionnante, mais pas écrasante. Je prends toujours le temps de m’asseoir quelques instants dans les églises, car il règne toujours une ambiance particulière dans ces endroits, et c’est d’autant plus vrai ici.

Tuomiokirkko
Tuomiokirkko • Kruununhaka

Après avoir visité Tuomiokirkko, je suis parti rejoindre le bord de mer et la Kauppatori (la place du marché en finnois). Ici, tous les jours, des petits stands se tiennent et vendent des légumes, de quoi manger et évidemment des souvenirs. En marchant encore quelques mètres, on entre dans Vanha Kauppahalli, les vieilles halles, dans lesquelles on peut facilement trouver de quoi manger. Les halles de ce type sont particulièrement présentes à Helsinki : il y en a dans quasiment tous les quartiers. Mais celles-ci sont les plus réputées et des dizaines de personnes y passent tous les midis pour y déjeuner. Je me suis arrêté à Story, un petit restaurant en plein cœur des halles où on mange particulièrement bien et pour un prix relativement correct (même si la Finlande reste chère).

La pause bienvenue étant finie, j’ai continué ma route en longeant le bord de mer en admirant les petits îlots qui se dessinent au loin, ainsi que les grands ferries à quai. La balade sous le ciel bleu se poursuit à Katajanokka, un quartier du centre d’Helsinki devenu une île à la suite du creusement d’un canal. Comme Kruununhaka, ce quartier a aussi sa cathédrale construite sur une butte et qui surplombe tout le quartier, la cathédrale orthodoxe Ouspenski. L’architecture est radicalement différente, en brique rouge, et la décoration est beaucoup plus chargée. C’était la première fois que j’entrais dans une église orthodoxe et le spectacle en valait la peine. L’ambiance est radicalement différente des églises luthériennes très épurées, mais la beauté des lieux n’en est pas moindre.

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Après avoir fait le tour de l’île et après avoir eu un joli panorama sur l’archipel d’Helsinki, je me suis dirigé vers la Bibliothèque universitaire d’Helsinki. On est ici bien loin du vieux patrimoine, des vieilles pierres, mais elle n’en vaut pas moins le détour. La bibliothèque, en dépit d’un bâtiment qui ne paie pas de mine, est assez impressionnante par son architecture, par son ambiance plutôt détendue (certains étudiants travaillent allongés sur des canapés).

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Le soleil commence déjà à se coucher sur Helsinki. Avant que la nuit ne tombe, je passe par le parc de l’Esplanade. C’est sans doute le quartier chic de la ville à voir les vitrines des magasins, pour la plupart des marques de luxe (dont un certain nombre de françaises). Au bout du parc se trouve Stockmann, équivalent finlandais des galeries Lafayette. J’y suis allé par curiosité, mais en suis vite ressorti en raison de l’affluence dans le magasin. Je n’étais peut-être pas tombé le meilleur jour ! Ma balade se poursuit dans le parc de l’Observatoire (Tähtitorninvuoren puisto en finnois), un joli parc établi sur une butte qui permet d’avoir un beau point de vue sur la ville et sur sa baie. Le froid se faisant trop sentir, je suis parti me réchauffer au Café Eckberg, l’un des plus vieux d’Helsinki, et j’ai goûté au fameux korvapuusti, une viennoiserie typiquement finlandaise (pas tellement différente des kanelbullar ou des kardemummabullar suédois, en réalité).

 

Jour 2 – Kamppi

Au matin de mon deuxième jour, je suis parti à Porvoo, ville située à l’est de la capitale (je reviendrai sur cette journée dans un prochain article). En rentrant en fin de journée à Helsinki, le soleil couchant ne m’a pas offert beaucoup de possibilités de visites. Je me suis tout de même rendu à la Kamppi Kappeli, la chapelle de Kamppi, qui est aussi surnommée la chapelle du silence. Son architecture est très particulière, de forme ovale, et elle est fabriquée entièrement en bois. Elle a été construite en 2012, lorsque la ville était Capitale mondiale du design. Quand on y entre, on se doute d’y trouver le silence. Mais c’est encore plus impressionnant une fois à l’intérieur. Jamais, je n’avais « entendu » un tel silence. Aucun son, aucun bruit. La forme de la chapelle accentuant le bruit, les visiteurs étaient d’autant plus vigilants à être le plus silencieux possible. Les gens viennent ici pour trouver le calme, réfléchir et aussi prier, forcément. Ce fut une expérience unique et extrêmement apaisante.

En quittant la chapelle, je me suis dirigé vers Kiasma, le musée d’art contemporain d’Helsinki. Ce musée est extrêmement réputé et est le plus visité de Finlande. C’est sans doute l’un des meilleurs musées qu’il m’ait été donné de visiter. Les collections sont très riches et variées, et accueillent les œuvres de grands artistes. Une exposition était dédiée à Mona Hatoum, une artiste britannique d’origine palestinienne. Ici, les collections éveillent les sens, jusqu’à l’odorat. Il est relativement difficile de décrire l’ambiance de ce musée, alors des photos sauront mieux le faire que moi. C’est vraiment l’un des coups de cœur de ce séjour.

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Jour 3 – Suomenlinna, Kluuvi et Töölö

Au matin du troisième jour, je décide de prendre le large pour l’archipel d’Helsinki, comme j’avais pu le faire lors de mon voyage à Stockholm. Direction Suomenlinna, à moins d’une demi-heure de ferry de la ville. Suomenlinna, c’est une forteresse posée sur six petites îles. À l’origine, elle a été construite par les Suédois (car la Finlande leur appartenait à cette époque) pour se protéger de l’Empire russe dans le Golfe de Finlande. Aujourd’hui, cet ensemble d’îles a perdu son caractère militaire pour n’être plus qu’un lieu essentiellement touristique. Preuve en est le nombre de personnes à bord du ferry.

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La chance était avec moi ce jour-là. Suomenlinna s’est retrouvée transformée en lieu de tournage pour un film de guerre, avec un nombre impressionnant de figurants déguisés en soldats. De quoi plonger chaque visiteur dans l’ambiance qu’a pu connaître le lieu il y a de ça plusieurs décennies. Tout ici donne l’impression d’être dans un vieux film de guerre, avec les casernes légèrement décrépies, les bâtiments dont la peinture s’écaille et les vieilles maisons en bois. J’ai d’ailleurs mangé dans l’une d’elles, au Café Vanille, où l’on vous sert de grands bols de soupe et de bouillon. Rien de mieux pour se réchauffer par ce froid mordant.

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Outre son caractère militaire, ce petit groupe d’îles n’en reste pas moins d’une incroyable beauté. Les guides et les dépliants parlent principalement de l’aspect historique des lieux, mais c’est surtout la nature qui y est belle. Il suffit de sortir des sentiers indiqués sur les plans pour rejoindre le bord de mer. Ici, pas de belles plages de sable fin, mais des criques rocheuses balayées par les vagues et le vent. La majorité des touristes suivent les sentiers, alors la solitude se fait vite ressentir, et c’est tant mieux ! Il n’y a rien de mieux que d’escalader les rochers pour prendre un peu de hauteur, faire face à la mer et regarder l’horizon. Les îles de Suomenlinna donnent l’illusion d’être perdues au milieu de la mer, telles des îles oubliées et inhabitées, tant elles paraissent sauvages et peu accueillantes. Pourtant, ici, les paysages y sont magnifiques et donnent l’image d’une nature brute dans toute sa splendeur.

Même si le cœur n’y était pas, il a fallu reprendre le ferry pour rentrer et continuer de découvrir Helsinki. Sur le chemin du retour, un magnifique panorama s’offre à nous depuis le bateau, une vue sur la ville dominée par la Tuomiokirkko. Une fois à quai, direction la bibliothèque nationale de Finlande (l’équivalent de notre BNF). Le bâtiment, relativement petit d’extérieur, est en réalité assez impressionnant, et s’étale sur plusieurs niveaux. L’entrée donne le ton avec des colonnades, un plafond richement décoré et une coupole qui domine le tout. Les étagères pleines de livres se succèdent, sans fin, et on y trouve même quelques livres en français. Une visite qui vaut vraiment la peine d’être faite.

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Au programme de cet après-midi : une longue boucle vers le nord, en longeant les lacs Elaintarhanlahti et Töölönlahti, pour rejoindre l’est de la ville. Je passe d’abord par le jardin botanique de l’université (Kaisaniemen kasvitieteellinen puutarha en finnois) et ses magnifiques serres. Par manque de temps et parce que le prix de l’entrée est assez cher, je n’y suis pas rentré, mais je ne doute pas de la beauté du lieu. Même s’il faisait plutôt gris ce jour-là, les nuances des nuages et la couleur des arbres se reflétant dans l’eau des lacs offraient un magnifique paysage. Idéal pour faire de belles photos ! Un peu plus loin, sur le chemin, se trouve Kaupunginpuutarha, un second jardin botanique, gratuit cette fois. Les serres sont relativement petites, mais l’ambiance tropicale des lieux et la chaleur qui va avec sont plus que bienvenues. Le stade olympique, construit pour les jeux olympiques de 1940, ne se situe qu’à quelques mètres de là. Tous les guides le présentent comme un incontournable. Dans les faits, le lieu n’a rien n’exceptionnel et ne donne pas tellement envie de s’y attarder.

Toujours dans le quartier de Töölö, on finit par rejoindre le parc Sibelius. Les couleurs y sont magnifiques avec ces teintes d’orange et de rouge qui recouvrent les arbres. Ce parc est surtout connu pour abriter la statue Sibelius, célébrant le compositeur finlandais Jean Sibelius. La sculpture est relativement impressionnante, de part sa taille imposante, mais s’accorde parfaitement avec la nature. Et cela d’autant plus qu’elle est censée représenter des bouleaux, arbres très présents en Finlande, en hommage à l’amour que Sibelius portait à la nature. Un peu plus loin, en bord de mer, se trouve l’un des cafés les plus connus d’Helsinki, le Regatta. D’extérieur, le bâtiment ne paie vraiment pas de mine, puisqu’il s’agit d’un simple chalet et le tout donne l’impression d’un bazar organisé. Néanmoins, la petite taille du café, les murs en bois, et la décoration donnent un côté très chaleureux à l’ensemble. De quoi bien se ressourcer après une bonne journée de marche.

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Plage de Hietaranta • Töölö

La journée s’achève sur la plage Hietaranta, une véritable plage de sable fin. C’est ici que les Finlandais se rendent l’été pour profiter du soleil et de la mer Baltique. C’est assez étonnant de découvrir une si grande plage en plein cœur d’une capitale et d’une si grande ville, surtout ici. Evidemment, personne à l’horizon pour se baigner par les températures plus que fraîches. Seuls quelques promeneurs avec leur chien et quelques canards viennent perturber le calme ambiant du lieu. La mer elle-même est calme et ne fait pas de vagues. Un silence bienvenu après une journée aussi intense.

 

Jour 4 – Kallio, Kaivopuisto, Eira et Design District

Dernier jour, déjà. Au petit matin, je suis parti découvrir le quartier de Kallio, où j’étais logé. Ce quartier est réputé pour être le nouveau quartier à la mode, assez jeune, plein de petits cafés et de petites boutiques. En m’y baladant une bonne partie de la matinée, je n’ai rien vu de tout cela. Peut-être ne me suis-je pas aventuré assez loin pour découvrir le quartier décrit dans les brochures. Néanmoins, je me suis rendu dans les halles du quartier, Hakaniemen Kauppahalli, véritable marché couvert avec d’énormes étales de poissons frais. Ce ne sont sans doute pas les plus belles de la ville, mais elles traduisent bien l’ambiance des halles d’Helsinki, avec tous ces habitants qui viennent y faire leurs courses. Un peu plus loin, se trouve l’église de Kallio, encore une. Elle est un peu moins élégante que les autres, sans doute à cause de son aspect très monolithique et cette pierre grise qui n’arrange rien, mais elle vaut la peine d’être découverte.

Après avoir fait une grande boucle au nord, la veille, je pars pour une grande boucle dans le sud de la ville, et pour longer la mer. Ma balade commence dans le parc Kaivopuisto, où les pelouses étaient alors recouvertes par les feuilles mortes orange vif. Ce parc occupe toute la partie sud-est de la ville et se prolonge avec le parc Meripuisto, de sorte que tout le sud de la ville n’est qu’un immense parc. Le bord de mer rappelle les îles Suomenlinna, évoquées plus haut, par son aspect très rocheux, très brut. A certains endroits, le goudron des trottoirs est coupé par des rochers laissés en l’état que le piéton devra enjamber pour continuer sa route. A seulement quelques mètres au large, plusieurs îles nous font face. Le déjeuner se fera au Café Carusel, un restaurant construit près du port avec d’immenses baies vitrées, donnant sur la mer et les bateaux.

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Une fois repu, je me dirige vers le quartier d’Eira, un quartier résidentiel relativement calme construit sur une butte. L’ambiance du quartier me laisse penser qu’il s’agit d’un quartier assez cossu, étant donné la taille des maisons, la marque des voitures et surtout la présence de très nombreuses ambassades. Il n’y a pas grand-chose à voir dans ce quartier, mais on y découvre de belles maisons colorées et il est agréable de s’y perdre. En retournant vers le centre d’Helsinki, on se retrouve dans le Design District, en plein cœur du quartier Punavuori. La Finlande, comme toute l’Europe du Nord, est reconnue pour son design. Ce quartier est une véritable mine d’or pour tout amoureux de la décoration. On trouve des boutiques à tous les coins de rue et on se laisse facilement attirer à l’intérieur. Il faut se retenir d’acheter plein de choses, parce que mon seul bagage cabine ne me laisse pas beaucoup de place pour ramener des achats et parce qu’évidemment c’est cher !

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Dernière étape de mon séjour, la visite de deux églises : Johanneksen kirkko et Temppeliaukio kirkko. La première est une très grande église, relativement similaire dans son architecture à celles que l’on peut trouver en France, avec ses deux tours et sa grande nef. La décoration est assez chargée, mais elle mérite vraiment d’être vue. La deuxième est une église construite directement dans la pierre. De l’extérieur, à moins de le savoir, il est impossible de savoir qu’il s’agit d’une église et elle ressemble plus à une vulgaire salle des fêtes. À l’intérieur, le décor et l’ambiance sont bien différents. Les murs sont donc constitués de la roche qui a été creusée exprès pour l’église. Le plafond est un grand dôme recouvert de bois. À nouveau, c’est le calme, le silence et la quiétude qui se font ressentir ici. Ici, on diffuse des musiques zen et relaxantes, et autres bruits de la nature. J’aurais pu rester des heures dans le calme de ce lieu, mais les hordes de touristes descendant de leur bus m’ont fait changer d’avis et j’ai repris ma balade.

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L’heure du départ approche déjà, après quatre jours passés à Helsinki. Pour finir ce séjour comme il se doit, direction le Café Fazer, un des cafés les plus réputés de la ville et l’un des chocolatiers les plus connus de Finlande. Après s’être bien réchauffé après un bon thé, il est temps de prendre la direction de la gare et de monter dans le bus qui me ramènera à l’aéroport pour retrouver Umeå, la tête pleine de souvenirs.

Après ce petit séjour à Helsinki, je ne peux pas dire que la ville m’ait autant impressionné que Stockholm. Helsinki est sans doute un peu moins riche en patrimoine, en raison d’une histoire plus récente. Néanmoins, j’ai toujours eu l’envie de me rendre en Finlande, bien avant la Suède, et je n’ai absolument pas regretté. Peut-être plus encore qu’en Suède, il se dégage un calme, un sentiment d’apaisement. Peut-être que la période y était propice, avec une absence relative de touristes. J’espère avoir l’occasion de découvrir davantage la Finlande, peut-être plus sauvage, plus naturelle, que peut l’être sa capitale, car ce pays vaut vraiment la peine d’être découvert.

En bonus de cet article sur Helsinki, voici une petite vidéo pleine de beaux paysages qui traduit bien l’ambiance finlandaise.

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