Umeå, sur la route du grand nord

Après le côté ville (voir mon précédent article), partons découvrir Umeå côté nature. 600 kilomètres au nord de la capitale, et pourtant il en reste encore autant avant d’arriver dans le grand nord : la Laponie. Umeå, c’est un peu la synthèse entre ce nord recouvert par une forêt infinie et ce sud parcouru par les eaux et bordé par la mer. Umeå, c’est la ville entourée par la nature, la ville où quelques pas suffisent pour découvrir une forêt ou un lac. Umeå, c’est une ville avec la nature en son cœur. 

 

Se promener au bord des lacs suédois

Umeå est parcourue par la rivière Umeälven et est bordée à l’est par le lac Nydalasjön, long de trois kilomètres. Umeå est une grande ville, pourtant la nature y est omniprésente. Inutile de faire des kilomètres pour trouver une forêt ou un plan d’eau. La nature entoure la ville et c’est évidemment un plaisir de la parcourir. Mes premiers pas me mèneront à la découverte de ce lac bien calme, où les étudiants se plaisent à se réunir.

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Sans trop savoir où aller, je décide de partir, appareil photo en main, et de parcourir les rives du Nydalasjön jusqu’à ce que la fatigue commence à se faire ressentir. Je m’y étais déjà rendu une fois, pour un barbecue entre étudiants, mais la nuit ne laissait que présager de la beauté des lieux. En plein jour, la réalité est toute autre. Pourtant à seulement quelques minutes du centre-ville, le lac laisse la place au silence et à la solitude. Même le clapotis de l’eau sur les rives sur lac ne vient pas perturber ce moment.

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Si nous n’avions pas déjà suffisamment l’impression d’être entouré par l’eau, il suffit de marcher sur les ponts ou les plateformes en bois qui sont installés tout autour du lac. De là, l’impression d’être totalement perdu et seul est grande, un peu comme si le monde nous appartenait. J’ai dû rester un bon quart d’heure sur l’un de ces pontons à regarder l’horizon et l’eau qui s’étalait à l’infini, tant la beauté du lieu était grande. La nature nous fait sentir tout petit et on profite d’autant mieux de ces moments que l’on n’est plus habitués à le faire dans notre vie quotidienne, être seul et se tourner vers la nature.

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Malgré sa quiétude, le lac d’Umeå reste un lieu de vie. Plusieurs maisons en bois parcourent ses berges, de nombreux pêcheurs tentent leur chance, des sportifs viennent s’y entraîner et des baroudeurs comme moi viennent ici trouver un peu de bon temps et une jolie vue. En y restant trois heures, je n’ai pu parcourir qu’une infime partie des rives de ce lac, mais j’y reviendrai à coup sûr pour voir les patineurs s’exerçer sur les eaux gelées du lac, cet hiver.

 

Faire du kayak sur les rives du golfe de Botnie

Une vingtaine de kilomètres, c’est la distance entre Umeå et la mer. Umeälven, la rivière qui traverse la ville, se jette alors dans le golfe de Botnie. Les lacs, la rivière et la mer offrent des endroits privilégiés pour faire du kayak. Notre pagaie et notre canot nous attendaient à Holmsund, petite ville située à l’embouchure de la rivière. N’ayant jamais fait de canoë ou de kayak, c’est avec un peu de stress que je me suis lancé. Finalement, plus de peur que de mal, puisque je ne suis pas tombé à l’eau une seule fois. Après quelques minutes pour prendre nos marques, nous voilà partis un peu à l’aventure, sans véritable circuit établi.

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Nous sommes partis avec le ciel gris et la peur de se retrouver sous la pluie au beau milieu de nulle part. Heureusement pour nous, les nuages ont disparu dans la matinée pour nous offrir un beau ciel bleu et pour nous faire profiter des superbes paysages. L’embouchure d’Umeälven est parsemée de plusieurs îles et autres petits îlots entre lesquels nous avons navigué. Les algues et les rochers sous l’eau nous ont souvent joué des tours. Malgré de nombreuses frayeurs, nous n’avons subi qu’une seule chute dans le groupe.

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Au-delà des superbes paysages, c’est sans doute la solitude et le silence qui étaient le plus appréciables dans cette balade. Totalement perdus au milieu des îlots, il n’y avait personne pour perturber ce moment de quiétude. Seuls les cris de quelques oiseaux et le bruit de nos pagaies venaient perturber le silence. C’est face au silence et à la nature que l’on se rend compte que l’on est bien petit face au monde. Ici, plus qu’ailleurs, la nature est reine et elle nous le fait bien sentir.

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La journée fut longue et éprouvante, surtout le retour. À force de ramer, nous nous sommes quasiment retrouvés en mer, sans îlots rassurants pour nous encadrer. Là encore, la nature a repris ses droits. Le vent et les vagues sont venus accompagnés notre retour, un retour plus remuant et fatigant que l’aller. À bout de souffle à notre arrivée, nous n’avons pas eu beaucoup de mal à trouver le sommeil cette nuit-là. Malgré mes craintes à l’idée de faire du kayak, j’aurais vraiment eu tort de refuser cette invitation à voyager en pleine nature, à seulement vingt minutes d’Umeå.

 

Faire une randonnée dans le Västerbotten

Après avoir découvert le Västerbotten côté mer, découverte du côté terre. À l’occasion de la création d’une réserve naturelle dans la région, des randonnées étaient organisées le jour de son inauguration. Le voyage en bus jusqu’au lieu de rassemblement offre déjà une toute autre perspective sur la région. À Umeå et en bord de mer, ce sont surtout les forêts qui dominent. Sur la route, et pour la première fois depuis mon arrivée, j’étais entouré par les champs. Certains paysages rappellent parfois étrangement la Normandie, ses collines et ses pâtures. Ce trajet est l’occasion de découvrir une Suède côté campagne, avec des maisons perdues au milieu de nulle part, des petits villages et autres décors surprenants à seulement quelques minutes d’Umeå.

Tradition oblige, à notre arrivée, nous sommes accueillis par un fika, la célèbre pause-café suédoise. Après une bonne boisson chaude, il est temps de se mettre en marche et de découvrir le Västerbotten côté forêt et montagne. Les premiers pas sont compliqués, tant nous sommes nombreux. Malgré tout, une vaste forêt s’offre à nous, ancien vestige des périodes glaciaires. Il faut savoir se frayer un chemin pour parcourir cette forêt, car aucun sentier n’est délimité. Chaque nouveau pas est une surprise, car le sol oscille entre roches et tas de mousse trompeurs.

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La balade nous amène à découvrir la forêt suédoise et ses arbres, la montagne et ses roches. Tout cela dans un seul et même espace. Le déjeuner se fait à proximité d’un petit plan d’eau, sur lequel le vent crée de légères vagues. Même si le nombre de participants laisse peu de place au silence, la quiétude du lieu est plus qu’agréable et la compagnie bruyante est vite oubliée.

Après plusieurs heures de marche, les petites montagnes que nous avons gravies nous offrent un point de vue splendide. La forêt recouvre tout ici, il n’y a plus que ça, partout. Les différentes teintes des arbres offrent un camaïeu de couleurs extraordinaire. Encore une fois, il faut prendre le temps d’apprécier et de savourer l’instant, car rares sont les moments comme celui-ci. L’ascension fut relativement aisée, mais la descente beaucoup moins tant le chemin choisi est accidenté. Quelle joie de retrouver le bus et de rentrer à Umeå après une journée entière de marche !

 

Faire la rencontre des élans suédois

Après avoir tant vu la nature et la flore suédoise, il était temps de rencontrer sa faune et, plus particulièrement, l’élan, l’un des symboles de la Suède. À nouveau, le long trajet nous laisse découvrir le Västerbotten, sous une autre facette. Le bus s’enfonce dans les terres et à travers les vitres se dessinent des montagnes entièrement recouvertes de forêts. Ici, c’est la vraie nature sauvage, une nature presque lapone. Il ne manque plus que les élans et le cliché sera parfait.

Avant de rencontrer les animaux, la ferme propose un repas à base d’élan, ça ne s’invente pas. Manger de l’élan n’a pas eu l’air d’embêter la majorité des étudiants présents. Pour ma part, l’idée d’en manger avant d’aller en caresser l’après-midi avait un peu de mal à passer. Après un bon repas, tout de même, les employés de la ferme nous parlent des élans suédois au nombre de 300 000. C’est là qu’on apprend que les Suédois tuent chaque année plus de 100 000 élans, soit autant que le nombre annuel de naissances. Ces animaux sont dangereux et leur trop grand nombre finirait par détruire les forêts, d’où une chasse annuelle obligatoire. Un portrait qu’on a du mal à imaginer après avoir vu ces attachants animaux de plus près.

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Même si on sait à quoi ressemble un élan, la première rencontre reste surprenante. Les élans sont bien plus grands que ce que l’on peut imaginer et peuvent peser plus d’une tonne. Les voir se déplacer autour de nous peut donc être particulièrement impressionnant, et on se sent vite petit. Néanmoins, ils sont particulièrement attachants. Nous avons eu la chance de les approcher de près. Plutôt en retrait du reste du groupe (qui a passé son temps à faire des selfies avec les animaux, à courir partout et à crier – ce qu’il ne fallait pas faire), deux élans sont venus naturellement vers nous pour nous réclamer des caresses. Un moment difficilement oubliable, et qu’on ne revivra sans doute pas.

Même si nous aurions aimé rester un peu plus longtemps avec les élans, toutes les bonnes choses ont une fin. Nous les avons quittés bien tristes, alors qu’eux n’avaient leurs pensées uniquement tournées vers leur nourriture. Sur le chemin du retour, nous avons pris conscience de la nuit hivernale qui arrivait sur Umeå. Nous avions changé d’heure ce jour-là et la nuit noire était déjà présente à 16h, une situation qui ne s’est pas arrangée depuis et qui laisse présager de nouvelles découvertes, celles d’Umeå en hiver.

En bonus de cet article sur Umeå et le Västerbotten, voici une petite vidéo pleine de jolis paysages et de beaux moments de vie.

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